
Les hommes et le congé parental
L'Association des Hommes du Luxembourg (AHL) suit avec
attention les travaux autour du projet de loi No 5161 portant modification de la
loi modifiée du 12 février 1999 sur le congé parental. Ces travaux législatifs
donnent l'occasion à l'AHL de présenter ses positions sur le congé parental.
Plus tempérée que les organisations féministes, l'AHL place l'intérêt de
l'enfant au centre de ses considérations. LAHL estime que l'objectif premier de
tout congé parental doit être de permettre à l'un des parents ou aux deux
parents de se consacrer pendant un certain temps à l'éducation de leurs enfants.
Le congé parental est ainsi un instrument de la politique familiale. LAHL refuse
l'immixtion de l'Etat dans les affaires privées. C'est pourquoi elle s'oppose
aussi à tout dirigisme concernant le congé parental. La décision de
savoir qui, au sein d'un couple, veut s'occuper selon quel calendrier ou suivant
quelles modalités de l'éducation des enfants appartient aux parents. Ainsi,
l'Etat doit se limiter dans son action régulatrice à créer un cadre général
favorable à l'éclosion de la vie familiale. (...) LAHL se prononce pour une
flexibilité maximale dans l'application du congé parental. En particulier, elle
est en faveur de l'abolition de toute disposition qui essaie d'imposer aux
parents une division paritaire du congé parental. Le congé parental doit pouvoir
être pris par un seul des deux parents ou divisé entre les deux parents selon
leurs propres décisions. Il ne pourra donc plus y avoir deux périodes distinctes
de six mois chacune, non transférables entre les parents. Comme relativement peu
de pères ont pu ou voulu profiter du congé parental jusqu'à présent, cette
flexibilité bénéficierait principalement aux enfants qui pourraient profiter
plus longtemps de la présence de leur mère si celle-ci désirait prolonger son
congé parental au-delà des six mois actuellement possibles. LAHL demande que les
droits des pères, y compris ceux des pères des enfants nés hors mariage, soient
toujours et pleinement respectés dans le cadre du congé parental. Aussi, le seul
cas de figure où le législateur devrait intervenir est celui d'un conflit
éventuel entre les parents sur la durée du congé parental de chacun d'entre eux.
Ainsi, il doit être garanti que chacun des parents a le droit d'avoir l'enfant
avec lui pendant un congé parental d'au moins six mois. (...) Ce droit de chacun
des parents au congé parental avec son enfant ne devrait pouvoir être refusé que
dans des cas extrêmement graves à justifier dans une ordonnance motivée en
détail par un tribunal et susceptible d'appel. LAHL se propose de suivre de très
près la jurisprudence dans ce domaine. LAHL rend attentif au fait que les
dispositions paritaires qui sont appliquées actuellement au Luxembourg en
matière de congé parental représentent dans leur radi-calité un cas unique en
Europe et peut-être même dans le monde entier. (...) L'AHL encourage par
conséquent les responsables politiques et les agents économiques à faire établir
des études comparatives par des instituts internationaux vraiment indépendants
et à prendre le résultat de ces études dûment en compte dans le travail
législatif en cours au Luxembourg. > L'Association des Hommes du
Luxembourg
Source : Journal 26.5.2006
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